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Comment demeurer une artiste musicienne sans abandonner ses valeurs : le parcours de Bénédicte Luendo Kikandi

Repère Podcast 30 June 2026
Comment demeurer une artiste musicienne sans abandonner ses valeurs : le parcours de Bénédicte Luendo Kikandi

Quand on parle de carrière artistique, on pense souvent à la scène, aux projecteurs et au succès. Mais derrière une voix, il y a aussi des heures de répétition, des doutes, des blessures et beaucoup de patience. Dans cet entretien, Bénédicte Luendo Kikandi, partage un parcours sincère de chanteuse, auteure et compositrice, entre foi, discipline, émotions et persévérance. Si vous vous demandez comment une jeune artiste construit sa voix, protège son identité et avance malgré les jugements, cet article va vous intéresser. Vous y découvrirez les leçons clés de son chemin, depuis la chorale jusqu’à ses ambitions d’album et de carrière internationale.

La musique a commencé bien avant la scène

Avant d’être artiste, Bénédicte était une enfant curieuse, très liée à la lecture et à l’écriture. Elle raconte avoir passé beaucoup de temps à la bibliothèque, à lire des bandes dessinées et des romans, parfois sous l’impulsion de son père, qui l’encourageait à revenir avec l’idée générale d’un livre. Cette habitude a développé chez elle une discipline intellectuelle, mais aussi un goût naturel pour l’expression.

Ce qui est intéressant, c’est qu’elle ne se présentait pas au départ comme une enfant avec un grand rêve défini. Son rapport à la musique s’est construit progressivement, en observant sa mère et sa tante aller à la chorale. À huit ans, elle rejoint les petits chanteurs avec sa tante, et c’est là qu’elle comprend quelque chose d’essentiel qu'elle aussi peut chanter.

Cette révélation n’est pas seulement un moment d’enfance, mais un point de départ d’une vocation. Elle commence à fréquenter la chorale régulièrement, jusqu’à ce que le chant devienne un espace naturel pour elle. Dans une famille chrétienne, la participation à la chorale n’était pas seulement une activité, mais aussi une manière de servir Dieu. Avec le temps, ce cadre familial et spirituel est devenu un véritable moteur artistique.

Beaucoup de vocations naissent dans des lieux simples

Loin des grandes scènes, la passion vient parfois d’un geste répété, d’un

environnement familial, ou d’une première expérience qui révèle un talent.

La chorale a forgé sa voix et sa discipline

Pour Bénédicte, la chorale n’est pas un souvenir attendrissant, mais une école. Elle insiste sur le fait qu’on n’y venait pas seulement pour s’asseoir et

chanter vaguement. On y travaillait la voix, on répétait sérieusement, et on

apprenait à progresser. Elle dit même qu’elle allait à la chorale avec enthousiasme, chaque mercredi et chaque samedi, parce qu’elle s’y sentait à sa place. Ce n’était pas une contrainte vide, c’était un lieu de croissance. Elle y découvrait quelque chose de précieux : l’envie d’apprendre chaque jour et de devenir meilleure. C’est une idée forte pour tous ceux qui rêvent d’une carrière musicale, Le talent seul ne suffit pas, une voix se construit,

une présence scénique aussi; une identité artistique encore plus. Bénédicte le dit clairement : ce qu’elle a aujourd’hui, elle le doit en grande partie à la

chorale, qui lui a permis de découvrir et d’exercer sa voix. On entend souvent des artistes parler de “don”. Ici, il y a bien sûr le don, mais aussi le

travail. Et c’est peut-être cela qui rend son témoignage inspirant: sa réussite

n’est pas présentée comme un miracle instantané, mais comme le résultat d’une pratique régulière. Ce que vous pouvez retenir de cette étape

Une passion devient plus forte quand elle est nourrie par un cadre régulier :

  • Répéter sérieusement développe la technique et la confiance.

  • Les lieux de formation formels, comme une chorale, peuvent poser les bases d’une carrière.

  • La discipline est souvent le premier vrai test du talent.

  • La musique lui a appris à dire ce qu’elle ne pouvait pas dire autrement

L’un des passages les plus forts de l’entretien concerne le rôle émotionnel de la musique. Bénédicte explique que chanter lui a permis d’être plus libre

qu’avant. Elle y a trouvé un espace pour exprimer ses peurs, sa vie privée et

même des réalités familiales difficiles. Cela change beaucoup de choses. Quand on ne sait pas toujours parler directement de ses émotions, une chanson peut devenir une porte de sortie. Pour elle, écrire et chanter n’étaient pas seulement des activités artistiques. C’étaient aussi des moyens de mettre des mots sur ce qu’elle vivait. Elle évoque par exemple une chanson écrite après avoir eu le cœur brisé. La chanson, intitulée My Story, n’a pas été officiellement sortie, mais une vidéo freestyle existe sur sa chaîne YouTube. Elle explique avoir transformé cette blessure en matière artistique pour montrer à d’autres qu’ils ne sont pas seuls.C’est une manière très mature de créer:

Ne pas cacher la douleur, mais la transformer.

Au lieu de se laisser définir par une blessure, elle en fait une œuvre et au

passage, elle crée un point de contact avec d’autres personnes qui vivent la

même chose. Pourquoi cette approche touche autant :

  • Elle rend la musique plus authentique.

  • Elle permet à l’auditeur de se reconnaître dans le vécu de l’artiste.

  • Elle donne une utilité à la souffrance: raconter, relier, soulager.

  • Elle prouve que l’intime peut devenir universel.

  • Les blessures, le deuil et les jugements n’ont pas arrêté sa marche

Bénédicte ne cache pas avoir traversé des épreuves. Elle parle d’une rupture émotionnelle, de blessures intérieures, mais aussi de la perte de sa

grand-mère, une figure très importante puisqu’elle a grandi chez elle. Sa

grand-mère était pour elle “une seconde maman”. Ce passage est poignant, parce qu’il montre à quel point certaines pertes laissent une trace profonde.

Pourtant, Bénédicte ne présente pas le deuil comme un point final. Elle le

décrit comme un processus, on ne guérit pas en un jour.

On avance avec la douleur, on apprend à la porter, puis à vivre avec. Elle parle aussi des jugements, notamment liés à ses fréquentations. Issue d’une famille chrétienne, elle a parfois été regardée de travers parce qu’elle côtoyait des personnes différentes de son milieu religieux. Elle n’en fait pas une guerre, mais elle l’assume calmement : chacun a ses convictions, et être chrétienne ne veut pas dire se couper du monde. Sa réponse face au regard des autres est particulièrement intéressante. Au lieu de se refermer, elle dit avoir doublé d’efforts. Si on la voyait moins à l’église un temps, elle revenait davantage; si on la voyait avec ses amis, elle assumait encore plus sa présence. En clair, elle n’avait rien à prouver, mais elle refusait de se laisser enfermer par les étiquettes.

Patience, travail et identité: les trois piliers qu’elle veut transmettre

Si Bénédicte devait donner un conseil à une jeune femme qui traverse les mêmes difficultés, elle parlerait d’abord de patience. Pour elle, la réussite ne se force pas, elle se construit. Il faut écouter son cœur, ne pas céder trop vite,et accepter que les belles choses arrivent petit à petit. insiste aussi sur un point essentiel: même si les doutes existent, on n’a pas le droit

d’abandonner. Les peurs font partie du parcours. Les obstacles aussi. Mais ce sont justement ces difficultés qui poussent à travailler davantage.

Sa vision de l’héritage artistique est claire: elle veut laisser la voix, la qualité dutravail vocal, et l’idée qu’on ne doit jamais abandonner ses rêves. Elle voit

la voix comme un chantier qui se construit chaque jour, ce qui résume bien sa philosophie: on ne devient pas solide par hasard, on le devient en travaillant. Elle veut également protéger sa personnalité et l’image qu’elle transmet aux autres. Souriante, sociable, humble - voilà comment elle se décrit. Et elle comprend qu’en tant qu’artiste, elle peut inspirer d’autres jeunes, surtout des femmes. C’est une responsabilité qu’elle prend au sérieux. Son héritage en quelques mots :

  • Travailler sa voix chaque jour.

  • Rester patiente, même quand le résultat tarde.

  • Ne pas abandonner à cause des peurs.

  • Protéger son identité et ses valeurs.

  • Continuer à avancer, même quand le chemin est lent.

Ses rêves actuels: album, grandes rencontres et rayonnement international

Aujourd’hui, son objectif principal est de réaliser son album. Elle veut aussi rencontrer des artistes qui l’ont inspirée, faire des concerts et se faire connaître en Afrique et dans le monde.Ce n’est pas présenté comme une fantaisie, mais comme la suite logique de son chemin. Elle sait où elle veut aller. Elle sait aussi que ce qui dépend d’elle, c’est le travail et le courage. Si elle abandonne, dit-elle, cela lui revient entièrement. Cette lucidité est rare et précieuse. Elle ajoute que sa relation amoureuse actuelle l’encourage plutôt qu’elle ne la freine. Pour elle, avoir quelqu’un à ses côtés peut être une force, à condition que cette personne pousse vers le meilleur. C’est un détail intéressant, parce qu’il rappelle qu’une carrière artistique n’avance pas toujours seule l’entourage peut protéger, soutenir ou fragiliser.

Enfin, elle dit que cet échange l’a fait réfléchir sur elle-même. Les vraies questions, celles qui parlent de la vie et des peurs, l’ont aidée à mieux comprendre où elle veut aller. Cette réponse clôt l’entretien sur une note juste: parler de soi n’est pas narcissique, c’est parfois une manière de clarifier sa route.

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